Hier matin, à Liévin, l'émotion était palpable lors de la cérémonie du 8 Mai. Une minute de silence a d'ailleurs été observée en mémoire de Céline, retrouvée morte dans la Souchez à Angres, mercredi. Hier après-midi, son ex-petit ami aurait reconnu être à l'origine du décès de la Liévinoise de 17 ans.
« Injuste. » Le mot revenait souvent hier dans la bouche de ceux qui ont côtoyé Céline, de près ou de loin. Lors de la cérémonie du 8 Mai à Liévin, la douleur se lisait sur de nombreux visages. Une minute de silence a d'ailleurs été observée à la mémoire de celle qui a été conseillère municipale des jeunes entre 2004 et 2009.
Une amie de la victime, comme elle élève au lycée Henri-Darras à Liévin, a créé un blog jeudi. Hier soir, il avait déjà été visité plus de 2 000 fois.
Dans une grande partie des 400 messages d'affection qui y ont été laissés, cette même question : « Pourquoi ? » Quant aux parents de la victime, ils sont « traumatisés ». Ils ont été tous les deux hospitalisés après avoir appris la perte de leur fille unique.
Hier, les enquêteurs ont levé certaines zones d'ombre en recueillant les aveux partiels d'un homme avec qui l'adolescente avait entretenu une relation amoureuse.
L'homme dont on a appris hier le prénom, Frédéric, âgé de 27 ans, aurait expliqué avoir « étranglé » la victime puis être parti « en la laissant morte » dans ce bosquet, rue Pablo-Néruda, à Angres. L'homme a été interpellé par la brigade criminelle de Lens à Cysoing, chez un ami, jeudi soir.
Céline et Frédéric se connaissaient « depuis quelques mois », selon le parquet de Béthune. La lycéenne avait décidé de rompre il y a une semaine. L'homme, de dix ans son aîné, aurait mal supporté la séparation. Ils s'étaient donné rendez-vous dans ce bosquet où coule la Souchez, mercredi matin, avant le début des cours de Céline. Et puis l'irréparable a eu lieu.
Mercredi après-midi, le corps sans vie de Céline a été retrouvé en partie immergé dans la rivière. L'autopsie a conclu à une noyade. La tête de la victime aurait été « maintenue sous l'eau de force ». Ce n'était donc ni un accident, ni un suicide.
La conclusion de l'autopsie ne correspond pas totalement avec la version des faits du gardé à vue. Le parquet de Béthune a prolongé hier sa rétention au commissariat de Lens. L'homme sera présenté au parquet ce matin à 11 heures. Une information judiciaire pour homicide volontaire sera ouverte.
Dans le casier judiciaire du mis en cause, il n'y a « rien de significatif ». Pas de condamnation pour des faits criminels en tout cas. Interrogé sur la possibilité que le crime ait été commis par une autre personne que l'ex-petit ami, le parquet répond : « Il n'évoque pas la présence d'une autre personne que lui-même sur les lieux. » •
ÉDOUARD WAYOLLE ET SÉBASTIEN ROSELÉ